les Astronomiques ou la Science sacrée du Ciel (eBook)
166 Seiten
Books on Demand (Verlag)
978-2-322-21618-5 (ISBN)
Marcus Manilius est un poète et astrologue latin d'origine berbère probablement né en Afrique du Nord qui, vers l'an 10 (dans les dernières années du règne de l'empereur Auguste), et qui écrivit un poème didactique en cinq livres sur l'astronomie ancienne et l'astrologie, Les Astronomiques (Astronomica en latin), s'inspirant des Phénomènes du poète grec Aratos. Il est le premier écrivain de langue latine de Berbérie. Les Astronomiques est devenu un grand classique dans l'étude de la science des astres chez les Anciens. Le traducteur Alexandre Guy Pingré est né à Paris le 4 septembre 1711 et mort à Paris le 1er mai 1796, est un prêtre, astronome et géographe naval français. En 1961, l'Union astronomique internationale a attribué le nom de Pingré à un cratère lunaire.
LIVRE SECOND
Les combats livrés sous les murs d’Ilion, Priam, père et roi de cinquante souverains, la flotte des Grecs incendiée par Hector, Troie invincible, tant qu’elle est défendue par ce héros ; les erreurs d’Ulysse qui durent autant que ses exploits victorieux et qui lui font essuyer sur mer autant de périls que devant Troie, les combats enfin qu’il eut à soutenir dans sa patrie pour recouvrer son domaine usurpé : tels sont les objets chantés par ce poète immortel, dont la Grèce nous a laissé ignorer la vraie patrie, en lui en assignant sept différentes 76, par cet homme divin, dont les écrits sont une source féconde, où tous les poètes postérieurs ont puisé, un fleuve que la postérité, opulente des richesses d’un seul homme, s’est partagé en une infinité de rameaux. Hésiode le suivit de près ; il célèbre les dieux et ceux dont ils tirent leur origine ; il décrit le chaos engendrant la terre, l’enfance du monde, sous l’empire du chaos ; les astres, premières productions de la nature, chancelant encore dans leur marche ; les vieux Titans ; le berceau du grand Jupiter ; le titre de mari réuni à celui de frère 77, celui de mère acquis à Junon sans l’entremise de son frère 78 ; la seconde naissance de Bacchus sortant de la cuisse de son père ; enfin toutes les divinités dispersées dans la vaste étendue de l’univers. Il a fait plus. Voulant nous aider à profiter des dons les plus précieux de la nature, il a développé les lois de la culture des terres, les apports qu’il faut leur donner pour les rendre plus fertiles ; il nous a appris que Bacchus se plaît sur les coteaux, Cérès dans les plaines, Pallas dans l’une et l’autre position 79 et que par la greffe on peut rendre les arbres susceptibles de produire diverses espèces de fruits ; occupations dignes d’exercer l’homme en temps de paix.
Quelques-uns ont décrit les figures des constellations, les signes que nous voyons répandus dans toute l’étendue du ciel ; ils les ont rangés en différentes classes ; ils nous ont dévoilé les causes qui leur ont mérité les honneurs célestes. Les appareils d’un supplice y ont conduit Persée et Andromède, Cassiopée plongée dans la douleur, et Céphée s’efforçant de la consoler. La fille de Lycaon 80 y fut enlevée par Jupiter ; Cynosure 81 y est parvenue pour le soin qu’elle prit du maître des dieux ; la Chèvre, pour l’avoir nourri de son lait ; le Cygne, pour lui avoir prêté son plumage ; Érigonê 82, en récompense de sa piété ; le Scorpion, pour avoir lancé son dard à propos ; le Lion, en retour de sa peau enlevée par Hercule ; l’Écrevisse, pour avoir mordu ce héros ; les Poissons, parce que Vénus s’était revêtue de leur figure ; le Bélier, chef des signes célestes, parce qu’il avait surmonté les flots.
La Terre et les signes du zodiaque
Il en est de même des autres constellations que nous voyons rouler en haut de l’espace ; les poètes ont puisé dans l’histoire ancienne les causes qui les ont élevées au ciel, et le ciel dans leurs vers n’est qu’un tableau historique ; ils nous représentent la terre peuplant le ciel, au lieu de nous la représenter comme en étant absolument dépendante. Le poète que la Sicile a vu naître 83 a décrit les mœurs des bergers ; il a célébré Pan enflant ses chalumeaux, ses vers consacrés aux forêts n’ont rien d’agreste ; par la douceur de sa modulation, il donne de la grâce aux lieux les plus champêtres, les antres par lui deviennent le séjour des Muses. Un autre chante le plumage varié des oiseaux, et des antipathies des animaux. Celui-ci traite des serpents venimeux, celui-là des herbes et des plantes, dont l’usage peut ou donner la mort, ou rappeler à la vie 84. Il en est même qui évoquent le Tartare des ténèbres affreuses où il est plongé, et le produisent à la lumière ; rompant les liens qui unissent les parties de l’univers, ils le déroulent en quelque sorte, pour en bouleverser tout l’intérieur. Les doctes Sœurs ont traité de tout ; il n’est point de chemin, conduisant à l’Hélicon, qui n’ait été frayé ; les sources qui en découlent ont donné naissance à des fleuves, qui, réunissant leurs eaux, n’en ont pas encore assez pour fournir à la multitude de ceux qui les fréquentent.
Cherchons quelque prairie, dont l’herbe, humectée d’une douce rosée, soit encore intacte ; une fontaine, qui murmure paisiblement au fond de quelque antre écarté, que le bec osseux des habitants de l’air n’ait jamais effleuré, où le feu céleste de Phébus n’ait jamais pénétré. Tout ce que je vais dire est à moi, je n’emprunterai rien de personne ; je ne serai point plagiaire, mais auteur ; le char qui m’élèvera au ciel m’appartient, c’est avec ma propre nacelle que je fendrai les flots.
Je chanterai la nature douée d’une intelligence secrète, et la divinité qui, vivifiant le ciel, la terre et les eaux, tient toutes les parties de cette immense machine unies par des liens réciproques. Je décrirai ce tout subsistant par le concert mutuel de ses parties et le mouvement qui lui est imprimé par la raison souveraine. C’est en effet le même esprit qui, franchissant tous les espaces, anime tout, pénètre toutes les parties du ciel, et donne aux corps des animaux les formes qui leur conviennent.
Si cette vaste machine n’était pas un tissu de parties convenablement assorties, si elle n’était pas soumise aux lois d’un maître qui la gouverne, si une sagesse universelle n’en dirigeait pas tous les ressorts, la terre ne serait pas stable, les astres ne circuleraient pas, le ciel s’arrêterait, et perdant son mouvement, il s’endurcirait par le froid ; les signes célestes s’écarteraient de la route qui leur est prescrite ; la nuit ne fuirait pas à l’approche du jour et ne le mettrait pas réciproquement en fuite, les pluies ne féconderaient pas la terre, les vents n’entretiendraient point l’air, la mer ne fournirait point d’aliment aux nuées, les fleuves ne nourriraient pas la mer, la mer ne ferait pas refluer ses eaux aux sources des rivières. L’univers n’étant plus dirigé par un sage moteur, ne serait plus combiné dans toutes ses parties avec cette juste proportion, qui est nécessaire pour que les eaux ne tarissent point, pour qu’elles n’inondent pas la terre, pour que les astres ne précipitent ou ne ralentissent jamais leur course. Le mouvement entretient, mais ne change pas le monde.
Tout est donc distribué dans l’univers par la volonté d’une sagesse souveraine. Or ce dieu, cette raison, qui gouverne tout, a voulu que les animaux de la terre dépendissent des signes célestes. Il tient ces signes, il est vrai, dans une distance extrême de nous ; mais il nous force de reconnaître par expérience qu’ils décident de la vie et des destinées des nations, des mœurs qui caractérisent tous les habitants de la terre. Il ne faut pas employer de longs raisonnements pour prouver cette vérité.
Le ciel agit manifestement sur nos campagnes ; il influe sur la stérilité, sur la fertilité de nos moissons ; il agite la mer, il la pousse sur nos côtes et l’en retire ; ces deux mouvements opposés de l’océan n’ont d’autre cause que l’action de la lune, qui s’approche et s’éloigne, et celle du soleil, qui, dans l’espace d’une année, fournit sa vaste carrière. Des animaux, plongés au fond de la mer, et comme en prison dans leurs écailles, sont cependant sensibles au mouvement de la lune ; ils prennent de l’embonpoint, lorsque vous êtes en croissant, reine de Délos ; ils dépérissent durant votre décours. Et vous-même, déesse de la nuit, ne perdez-vous pas votre lumière, lorsque vous vous plongez dans les rayons de votre frère ; ne la recouvrez-vous pas, en vous éloignant de lui ? Autant qu’il vous laisse ou vous communique d’éclat, autant vous en renvoyez à la terre, et votre astre est absolument dépendant du sien. Les quadrupèdes même et les autres animaux terrestres, quoique vivant dans une profonde ignorance...
| Erscheint lt. Verlag | 11.12.2020 |
|---|---|
| Reihe/Serie | Bibliotheca hermetica |
| Sprache | französisch |
| Themenwelt | Sachbuch/Ratgeber ► Gesundheit / Leben / Psychologie ► Esoterik / Spiritualität |
| Schlagworte | astrologie antique • Astrologie et arts divinatoires • Divination • Ésotérisme et Paranormal • Grandes doctrines et courants philosophiques • Histoire de la philosophie • influence des astres • Marcus Manilius • symbolique astrale • zodiaque romain |
| ISBN-10 | 2-322-21618-6 / 2322216186 |
| ISBN-13 | 978-2-322-21618-5 / 9782322216185 |
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