Théosophie, étude sur la connaissance suprasensible et la destinée humaine (eBook)
158 Seiten
Books on Demand (Verlag)
978-2-322-24972-5 (ISBN)
Rudolf Steiner (1861- 1925) est un philosophe, occultiste et penseur social. Il est le fondateur de l'anthroposophie, qu'il qualifie de "chemin de connaissance", visant à "restaurer le lien entre l'Homme et les mondes spirituels". Ses adeptes le considèrent généralement à la fois comme un homme de connaissance et un guide spirituel. Membre de la Société théosophique puis secrétaire général de la section allemande en 1902, il s'en sépare dix ans plus tard pour fonder la Société anthroposophique et une discipline nouvelle, l'anthroposophie, qui se présente comme une science de l'esprit active dans tous les domaines de la connaissance ; elle est selon son créateur une science universelle de l'esprit qui "conduit l'homme à la conscience de sa propre humanité". L'anthroposophie n'est pas une secte, ni une religion, mais un mouvement de pensée critique et dynamique, qui s'est formé durant les riches heures de ce siècle et sous l'impulsion d'oeuvres diverses (Goethe, Kant, la théosophie, Nietzsche). À travers l'étude et l'observation empirique de l'esprit humain et au bénéfice d'une personnalité extrêmement sensible aux phénomènes spirituels, Rudolf Steiner est parvenu à une connaissance du monde suprasensible et de la nature humaine qui l'a conduit à repenser la tâche actuelle de l'homme dans de nombreuses branches du savoir humain. L'homme est un être profondément créatif, avec un pouvoir de connaissance illimité, le problème étant qu'il ignore, qu'"il n'a pas conscience de sa nature spirituelle", qui lui ouvrirait les portes d'un monde nouveau de connaissance. L'homme est un être actif dont la conscience n'est pas un réceptacle passif de phénomène, mais une activité incessante d'imagination et de pensée. Cette dimension centrale de l'activité et du développement de la conscience sera l'un des axes fondamentaux de l'enseignement anthroposophique de Steiner. Son enseignement est à l'origine de projets aussi divers que les écoles Waldorf, l'agriculture biodynamique, les médicaments et produits cosmétiques Weleda, le mouvement Camphill et la Communauté des Chrétiens.
INTRODUCTION
Lorsqu’en automne de l’année 1813, Johann Gottlieb Fichte exposa sa « doctrine », fruit de toute une vie consacrée au service de la vérité, il prononça, en commençant son discours, les paroles suivantes : « Ma doctrine implique un organe de perception intérieur tout nouveau, par lequel se révèle un monde inconnu à l’homme ordinaire. » Et il montra, dans une comparaison, combien sa doctrine doit apparaître incompréhensible à quiconque veut la juger à l’aide des représentations que suscitent en nous nos sens ordinaires. « Supposez, dit-il, un monde d’aveugles-nés qui ne connaissent des choses et de leurs rapports entre elles que ce que le sens du toucher leur permet d’en percevoir. Introduisez-vous parmi eux et parlez-leur des couleurs et de tous les phénomènes que produit la lumière et que ne perçoivent que les yeux. Il arrivera de deux choses l’une : ou bien vos paroles ne représenteront rien aux aveugles, et c’est ce qui peut vous arriver de plus heureux, car vous ne tarderez pas à vous apercevoir de votre erreur et, à moins qu’il ne vous soit possible de leur ouvrir les yeux, vous interromprez vos vains discours »... etc..
Or, celui qui veut parler aux hommes des choses auxquelles Fichte fait ici allusion, joue trop souvent le rôle du voyant parmi les aveugles-nés. Cependant ces choses concernent la nature véritable de l’être humain et son but suprême. Et il faudrait désespérer de l’humanité si l’on devait se croire tenu « d’interrompre ses vains discours ». Il ne faut pas douter un seul instant, au contraire, de la possibilité « d’ouvrir les yeux » à toute personne de bonne volonté, afin de lui permettre de voir les choses dont parle Fichte. Tous ceux qui ont senti que s’était développé en eux « l’organe de perception intérieur » qui leur révélait la nature véritable de l’homme cachée aux sens extérieurs, ont basé leurs écrits et leurs paroles sur la croyance en cette possibilité.
Voilà pourquoi dès la plus haute antiquité on a parlé d’une « science secrète ». Ceux qui connaissent cette science sont aussi sûrs de ce qu’ils possèdent, que ceux qui ont des yeux bien développés sont sûrs de posséder des perceptions visuelles. La science secrète n’a pas besoin pour eux de « preuves ». Et ils savent que les personnes qui ont, comme eux, développé le « sens supérieur », n’en demandent pas non plus. Ils peuvent leur parler comme un voyageur parlerait de l’Amérique à des personnes qui n’ont pas elles-mêmes visité ce pays, mais qui peuvent se le représenter, parce qu’elles y verraient tout ce que leur rapporte le narrateur, si l’occasion sen présentait.
Mais l’observateur des mondes suprasensibles ne doit pas parler aux seuls explorateurs de ces mondes. Ses paroles s’adressent à tous les hommes. Car les choses qu’il rapporte les concernent tous : bien plus, il sait que sans la connaissance de ces choses nul n’est « homme » au vrai sens du mot. Et il s’adresse à tous les hommes, parce qu’il se rend compte qu’il existe plusieurs degrés dans la compréhension de ce qu’il enseigne. Il sait que même ceux qui sont encore loin de l’heure où l’investigation spirituelle leur sera permise, peuvent le comprendre. Car il est donné à tout homme de sentir et de comprendre la vérité. Et c’est à cette faculté de compréhension propre à toute âme saine qu’il s’adresse tout d’abord. Il sait aussi qu’en cette compréhension gît une force qui, peu à peu, entraînera l’homme à des degrés supérieurs de connaissance. Le sentiment de la vérité est, en effet, le magicien qui ouvre « l’œil de l’esprit » même à ceux qui, au début, ne voyaient rien de ce dont on leur parle. Ce sentiment agit dans l’ombre ; l’âme ne voit pas, mais, grâce à lui, la puissance de la vérité s’empare d’elle, et, peu à peu, en la pénétrant, éveille en elle le « sens supérieur ».
Selon les individus, il faut plus ou moins de temps pour atteindre ce but ; quiconque est doué de patience, l’atteindra sûrement. Car, si tous les aveugles-nés physiques ne peuvent pas être opérés, tout œil spirituel peut être ouvert, il n’y a là qu’une question de temps.
L’érudition et la culture scientifique ne sont pas des conditions nécessaires au développement de ce « Sens supérieur ». L’homme inculte peut y atteindre aussi bien que le savant. Ce que, de nos jours, on a l’habitude d’appeler la « science pure » peut même souvent être gênante. Car cette science n’accorde tout naturellement de « réalité » qu’aux objets accessibles aux sens ordinaires. Et si grands que soient les services qu’elle rend à la connaissance de cette réalité, elle crée une quantité de préjugés qui ferment l’accès des réalités d’ordre supérieur, quand elle veut appliquer à tout savoir humain, quelle qu’en soit la nature, des mesures qui ne sont nécessaires et bienfaisantes que dans son domaine particulier.
À tout ce que je viens de dire on oppose souvent qu’il existe pour la connaissance humaine des « limites infranchissables » et, qu’en conséquence, toute donnée qui ne respecterait pas ces « limites » doit être repoussée. On considère comme un insensé l’homme qui prétend affirmer certaines connaissances concernant des choses que la majorité considère comme en dehors des limites imposées à l’intelligence humaine. Mais on oublie que la connaissance supérieure présuppose le développement de la puissance cognitive de l’homme. En sorte que des objets, qui se trouvaient auparavant en dehors des limites de la connaissance, entrent dans ces limites, lorsque s’éveillent certaines facultés qui sommeillent en chacun de nous.
Un point est essentiel : à quoi sert, pourrait-on nous demander, de parler aux hommes de vérités qu’ils sont encore incapables de saisir par eux-mêmes, qui, par conséquent, leur demeurent étrangères ? Ce n’est point ainsi qu’il faut considérer la question. Certaines facultés sont indispensables à la découverte de ces vérités supérieures ; mais tout homme auquel elles sont communiquées peut les comprendre, pourvu qu’il fasse usage d’une logique impartiale et d’un sentiment absolu de la vérité. Ce livre ne traitera d’aucune chose qui ne puisse donner l’impression, à celui qui l’accueille sans préjugé intellectuel et avec un libre sentiment de la vérité, qu’elle répond de façon satisfaisante aux énigmes de la vie humaine et de l’univers. La question qui se pose est celle-ci : si les choses qu’avance ce livre étaient vraies, la vie y trouverait-elle une explication satisfaisante ? Vous verrez que la vie confirmera pour chacun de vous, la véracité des enseignements donnés.
N’allez pas croire qu’il suffise que le sens supérieur se soit ouvert chez un homme pour qu’il acquiert la maîtrise dans ces domaines élevés. Pour cela il faut de la « science » au même titre que lorsqu’il s’agit du domaine des réalités ordinaires. Pas plus qu’on n’est un « savant » parce qu’on possède des sens bien développés, on n’est un « sage » parce qu’on a atteint la « vision » supérieure. Et puisque, en vérité, toute réalité, que ce soit la réalité inférieure ou la réalité spirituelle supérieure, n’est qu’un des côtés différents d’une seule et même entité fondamentale, l’homme ignorant en ce qui concerne les connaissances inférieures, le restera généralement aussi, lorsqu’il s’agira de connaissances plus hautes.
Ce fait éveille chez l’homme qui se sent appelé par une vocation spirituelle à se prononcer sur les domaines élevés de l’existence, un sentiment de responsabilité...
| Erscheint lt. Verlag | 1.4.2021 |
|---|---|
| Reihe/Serie | Théosophie et Anthroposophie |
| Sprache | französisch |
| Themenwelt | Geisteswissenschaften ► Religion / Theologie |
| Schlagworte | Canalisation du Nouvel Âge • connaissance suprasensible • Déesses du Nouvel Âge • destinée humaine • Kabbale, gnose et occultisme • réincarnation • réincarnation et karma • Rudolf Steiner • spiritualité anthroposophique • théosophie |
| ISBN-10 | 2-322-24972-6 / 2322249726 |
| ISBN-13 | 978-2-322-24972-5 / 9782322249725 |
| Informationen gemäß Produktsicherheitsverordnung (GPSR) | |
| Haben Sie eine Frage zum Produkt? |
DRM: Digitales Wasserzeichen
Dieses eBook enthält ein digitales Wasserzeichen und ist damit für Sie personalisiert. Bei einer missbräuchlichen Weitergabe des eBooks an Dritte ist eine Rückverfolgung an die Quelle möglich.
Dateiformat: EPUB (Electronic Publication)
EPUB ist ein offener Standard für eBooks und eignet sich besonders zur Darstellung von Belletristik und Sachbüchern. Der Fließtext wird dynamisch an die Display- und Schriftgröße angepasst. Auch für mobile Lesegeräte ist EPUB daher gut geeignet.
Systemvoraussetzungen:
PC/Mac: Mit einem PC oder Mac können Sie dieses eBook lesen. Sie benötigen dafür die kostenlose Software Adobe Digital Editions.
eReader: Dieses eBook kann mit (fast) allen eBook-Readern gelesen werden. Mit dem amazon-Kindle ist es aber nicht kompatibel.
Smartphone/Tablet: Egal ob Apple oder Android, dieses eBook können Sie lesen. Sie benötigen dafür eine kostenlose App.
Geräteliste und zusätzliche Hinweise
Buying eBooks from abroad
For tax law reasons we can sell eBooks just within Germany and Switzerland. Regrettably we cannot fulfill eBook-orders from other countries.
aus dem Bereich