Abrégé de l'histoire générale des voyages (eBook)
216 Seiten
Books on Demand (Verlag)
978-2-322-43019-2 (ISBN)
Jean-François de La Harpe ou Delharpe, né le 20 novembre 1739 à Paris où il est mort le 11 février 1803, est un écrivain et critique français d'origine suisse.
NOTICE SUR J.-F. LAHARPE.
Il est heureux qu'après tant de productions marquées au coin du génie ou du goût que la France avait vu éclore sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, il soit venu un littérateur capable d'en analyser les beautés, et d'en faire apprécier tout le mérite par ses contemporains. Laharpe fut cet écrivain habile; la tâche dont il s'est acquitté avec un talent distingué lui a valu le titre honorable de Quintilien français, qui ne lui a pas été disputé jusqu'à présent, quoique plus d'un rhéteur ait essayé de dicter les règles du goût, et de les appuyer sur les modèles classiques.
On croit que la famille de Laharpe, originaire de la Suisse, était alliée à la famille du même nom qui existe encore dans le pays de Vaud. Elle vécut obscurément en France; le jeune Laharpe, né à Paris en 1739, perdit, à l'âge de neuf ans, son père, capitaine d'artillerie, et n'eut d'abord d'autre secours que celui des sœurs de la charité. L'intelligence avec laquelle il récitait déjà dans son enfance les vers, lui attira la bienveillance du proviseur du collége d'Harcourt; il obtint une bourse dans ce collége, et y fit de brillantes études. Le prix d'honneur lui fut décerné en rhétorique: présage de ses succès dans ce genre sur un plus grand théâtre. Une injustice qu'il essuya vers la fin de sa carrière scolastique était faite pour lui inspirer cette aigreur qu'il ne montra que trop souvent dans ses démêlés littéraires. Accusé d'avoir fait des couplets satiriques contre le proviseur son bienfaiteur, il fut puni, non pas par le collége, mais par la police, et enfermé six mois à Bicêtre et au fort l'Évêque. Il est convenu dans la suite d'avoir fait des couplets contre des gens du collége, mais il a déclaré n'en avoir jamais composé contre des personnes à l'égard desquelles il avait des devoirs à remplir. Il est trèsprobable que les couplets contre le proviseur avaient été ajoutés par quelque autre écolier. Avant de procéder criminellement contre un jeune homme sans protection, il aurait donc fallu d'abord s'assurer de la vérité du fait; mais c'est de quoi on ne s'embarrassait guère sous le règne du voluptueux Louis XV. Marmontel ne fut-il pas également enfermé pour des couplets (mais qu'il n'avait pas faits), qui tournaient en ridicule un gentilhomme de la chambre? Cette prison dut faire naître de sérieuses réflexions chez le jeune Laharpe; et peut-être fut-ce pour avoir été victime du régime arbitraire, qu'il se rangea, en sortant de captivité, sous la bannière des écrivains qui demandaient la réforme des abus et le respect pour les droits de l'humanité.
À l'âge de vingt ans il débuta dans la carrière littéraire par des héroïdes, genre de poésie que les succès de Colardeau avaient mis en vogue. Ces premiers essais que l'auteur recueillit ensuite dans ses mélanges littéraires et philosophiques furent jugés sévèrement par le fameux Fréron; Laharpe en jugea lui-même peu favorablement dans un âge mûr, et ne les comprit point dans le choix de ses œuvres. Il s'essaya vers le même temps dans la critique de la littérature ancienne. L'étroit esprit de Fréron ne vit dans ces articles que de la hardiesse; des hommes qui avaient moins de préjugés que l'auteur de l'Année littéraire y aperçurent le germe d'un beau talent.
Le théâtre ne tarda point à exciter toute son ambition littéraire. Il débuta dans la carrière dramatique par la tragédie de Warwick, qui fut jouée d'abord à la cour vers la fin de 1763, et puis à la Comédie Française. Elle eut beaucoup de succès, et s'est maintenue au répertoire. Cette pièce fut le motif d'une correspondance entre Laharpe et Voltaire; ce grand écrivain accueillit favorablement le jeune écrivain, auquel il remarqua de grandes dispositions pour la poésie. Laharpe avait épousé la fille d'un limonadier; tous deux sans fortune, ils menaient une vie assez économique. Voltaire les garda quelque temps à Ferney, où Laharpe travaillait à de nouvelles tragédies, tandis que sa femme jouait dans celles de leur hôte célèbre, qui eut pour tous les deux beaucoup d'affection, et souffrit même que Laharpe lui fît quelquefois des observations critiques sur ses ouvrages inédits, et y proposât des changemens. Il disait avec bonté au jeune littérateur: Changez toujours de même, je ne puis qu'y gagner. De temps en temps Laharpe faisait des voyages à Paris pour faire jouer Timoléon, Pharamond et Gustave, tragédies dont malheureusement aucune ne se ressentit de l'inspiration de Ferney. On le jugea froid et sans verve. Piron, qui ne vit pas sans déplaisir qu'un poëte osât refaire Gustave Vasa, fit une épigramme dont voici la fin:
J'ai laissé Gustave imparfait,
Retouchez-y, mais gare au trait
Que vous et moi nous devons craindre.
Messieurs, criera quelque indiscret,
Mévius gâta le portrait,
Bavius l'achève de peindre.
Ce fut avant la représentation du Gustave de Laharpe que Piron lança cette épigramme; il en fit une autre après la chute de la pièce; il y qualifia Laharpe sans façon de
Lourd, froid, sec, éthique
Dans le dramatique.
Laharpe assure qu'il n'eut pas lui-même la patience d'attendre la fin de la représentation, qu'il ne garda que des fragmens de son manuscrit, qu'il jeta au feu la pièce de Pharamond, et que s'il eut la faiblesse ou plutôt le besoin de faire imprimer Timoléon, qui avait eu quelques représentations, il ne comprit pas du moins cette tragédie dans la collection de ses œuvres. Ce qui lui avait paru bon dans la pièce de Timoléon, fut transporté plus tard dans celle de Coriolan. Bientôt après, en 1768, le public apprit que Laharpe avait brusquement quitté Ferney avec sa femme, et qu'il était revenu à Paris; ses ennemis, dont le nombre s'était beaucoup accru, tant par ses premiers succès que par un peu de présomption de sa part, prétendirent que Voltaire l'avait renvoyé. Le patriarche de Ferney démentit ce bruit dans les gazettes. Grimm, instruit par les amis de Voltaire, et étant lui-même en liaison avec lui, assure que c'est par pure générosité que Voltaire donna un démenti aux adversaires de Laharpe, et que ce littérateur s'était réellement rendu coupable d'une grande indiscrétion, en répandant à Paris le deuxième chant de la Guerre de Genève, que Voltaire avait intérêt de tenir secret, et en soutenant ensuite qu'il le tenait d'un ami de ce grand homme. Il paraît donc que Voltaire se brouilla en effet avec Laharpe; cependant comme vers le même temps madame Denis et madame Dupuis quittèrent Ferney, on peut croire que Voltaire était de mauvaise humeur contre tous ses convives.
On vient de parler de la présomption de Laharpe. Il est difficile qu'un poëte encouragé par les suffrages d'un public aussi éclairé que celui de la capitale de la France, et surtout par la plus belle partie de ce public, se mette assez en garde contre la vanité; plus les applaudissemens donnés à des tirades de vers ou des phrases élégamment construites sont vifs et nombreux, plus on s'imagine être au nombre des premiers hommes du siècle, et plus on souffre avec peine la critique qui trouble les illusions d'un esprit enivré de louanges. Laharpe a donc pu repousser avec animosité ou avec amertume les attaques de ses adversaires; mais parmi ceux-ci il y avait des écrivains qui, pour le moins, avaient autant de vanité que lui, sans l'égaler en talens. L'un d'eux disait de lui:
Si vous voulez faire bientôt
Une fortune immense et pourtant légitime,
Il vous faut acheter Cythare ce qu'il vaut,
Et le vendre ce qu'il s'estime.
Linguet lui promit une épigramme chaque semaine, et fut en effet très zélé d'acquitter sa promesse; Dorat et Champfort ne furent pas en reste; d'autres poëtes se mirent de la partie. Piron en jouant sur les mots, l'appelait la Harpie. Il n'y eut pas jusqu'à l'abbé Delille qui n'y donnât sa saillie: faisant allusion à une jolie chanson de Laharpe, Ô ma tendre musette, il dit au sujet des éloges donnés au poëte pour des pièces d'un caractère plus élevé:
De l'admiration réprimez le délire,
Parlez de sa musette, et non pas de sa lyre.
Laharpe, doué d'un caractère vif et emporté paya ses ennemis de la même monnaie; il se vengea de plusieurs en...
| Erscheint lt. Verlag | 18.7.2022 |
|---|---|
| Sprache | französisch |
| Themenwelt | Literatur ► Biografien / Erfahrungsberichte |
| Literatur ► Romane / Erzählungen | |
| Schlagworte | déplacement, escale, passage, navigation, • odyssée, récit, itinéraire, croisière, valise, • périple, pèlerinage, expédition, exploration • tournée, excursion, malle, séjour, • voyageur, tourisme, bagage, touriste, |
| ISBN-10 | 2-322-43019-6 / 2322430196 |
| ISBN-13 | 978-2-322-43019-2 / 9782322430192 |
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