La vengeance des Templiers (eBook)
54 Seiten
Books on Demand (Verlag)
978-2-322-17831-5 (ISBN)
Stanislas de Guaïta (6 avril 1861 - 19 décembre 1897) est un occultiste et poète français, cofondateur avec Joséphin Peladan de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix. Dès le lycée à Nancy, vers 1880, il se lie d'amitié avec Maurice Barrès. Guaïta prôna un spiritualisme exaltant la Tradition chrétienne, qui, grâce à la mise en place éventuelle de la synarchie - forme de gouvernement idéale -, devait conduire à l'avènement du royaume de Dieu. En 1888, dans le même esprit, il fonde avec Péladan l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont fit aussitôt partie Papus. Parmi les membres on relèvera des noms passés plus tard à la postérité comme Erik Satie et Claude Debussy ou encore le banquier des artistes, Olivier Dubs. Satie semble avoir été le compositeur attitré de l'Ordre. On lui doit entre autres une Sonnerie des Rose-Croix qui devait accompagner le rituel. Intoxiqué par les stupéfiants, l'homme mourut prématurément, le 19 décembre 1897, à l'âge de 36 ans.
Nous sommes au commencement du XIVe siècle : l’Ordre moitié religieux, moitié militaire, établi en Orient vers 1118 par Hugues des Payens, a prodigieusement prospéré. Les Templiers possèdent en Europe près de dix mille seigneuries, et leur opulence, devenue proverbiale, centralise dans leurs mains une puissance presque illimitée.
D’autre part, quoiqu’ils affectent de s’incliner avec respect devant les deux autorités civile et religieuse, on leur prête les projets d’une ambition qui confine à la folie. Héritiers — ils s’en flattent du moins — de cette tradition johannite 1 qui constitue la moelle ésotérique du Christianisme, ils accomplissent, dans l’ombre et le silence de leurs Commanderies, des rites étranges et secrets… Bref, la voix populaire, qui les incrimine de sorcellerie, dénonce également leurs mœurs comme infâmes. Cette dernière accusation ne fut jamais établie sur de bien irréfutables preuves ; mais si les apologistes de l’Ordre ont pu revendiquer équitablement, en faveur des Templiers, le bénéfice du doute, jamais, du moins, n’ont-ils pu les réhabiliter au grand jour de la controverse historique, en lavant leur mémoire de tout soupçon.
Jules Garinet résume ainsi les griefs portés à la charge des Templiers : « On disait qu’à la réception dans l’Ordre, on conduisait le récipiendaire dans une chambre obscure, où il reniait Jésus-Christ en crachant trois fois sur le crucifix ; que celui qui était reçu baisait celui qui le recevait à la bouche, ensuite in fine spine doïsi et in virga virili ; que les Templiers, dans leurs chapitres généraux, adoraient une tête de bois doré qui avait une longue barbe, des moustaches touffues et pendantes ; à la place des yeux brillaient deux grosses escarboucles étincelantes comme le feu 2. On les accusait encore de faire vœu de sodomie, et de ne rien se refuser entre eux…
« En Languedoc, trois Commandeurs de l’Ordre, mis la torture, avouèrent qu’ils avaient assisté à plusieurs chapitres de l’Ordre ; que dans l’un de ces chapitres, tenu à Montpellier, et de nuit, suivant l’usage, on avait exposé une tête ; qu’aussitôt le diable était apparu sous la figure d’un chat ; qu’on avait adoré ce chat, qui parlait avec bonté aux uns et aux autres ; qu’ensuite plusieurs démons étaient venus, sous forme de femmes, et que chaque frère avait eu la sienne 3. »
Quoi qu’on puisse penser de ces stupéfiantes accusations, qui valurent à tant de braves Chevaliers les affres du bûcher, il nous est impossible de ne pas noter, en passant, quelle ressemblance, sinon quelle absolue identité, assimile de pareilles scènes (qu’on les veuille réelles ou mensongères) au sabbat des sorciers d’une part, et de l’autre à ces réunions orgiaques et mystiques tout ensemble, qui furent imputées de tout temps aux sectaires de la gnose dissidente, par les auteurs contemporains qui traitent de leurs rites et de leurs mystères.
Le marquis de Saint-Yves, dans un livre remarquable à tant d’égards, glorifie ce qu’il appelle La Mission des Templiers. En eux, il salue les orthodoxes de l’ésotérisme traditionnel, les mandataires de la paix sociale, les fondateurs et les inspirateurs de ces États généraux — véritable ébauche de synarchie — qui furent, au long de notre histoire, l’organe intrépide et modéré des revendications populaires, et comme une grande voix, ferme et respectueuse, sortie des entrailles mêmes de la nation.
S’il en est ainsi, les États généraux de Tours (mai 1308) se montrèrent parricides en reniant le Temple, et en abandonnant les Templiers à la fureur de leurs bourreaux. Du reste, avec sa loyauté coutumière, M. de Saint-Yves proclame lui-même ce fait irrécusable, qui sera pour les superficiels une des pierres d’achoppement de son hypothèse : « L’unanimité des Trois Ordres tendit à Philippe le Bel le fer et le feu…, » lit-on à la page 216 de la France vraie 4 (tome I).
Cela n’importe guère. Il n’est pas sans exemple de voir le fils suivre les traditions du père, après l’avoir condamné ; l’ouvrier revivre dans son œuvre, après être mort par elle. Et sans aller si loin, saint Pierre, qui renia trois fois son maître Jésus-Christ, n’en fut pas moins le premier chef de l’Église chrétienne. Aussi n’est-ce point de pareils arguments que nous opposerons à l’illustre apôtre des Missions.
Si noble que soit la thèse qu’il soutient, nous voudrions, pour qu’elle fût acceptable, la voir fondée en histoire sur quelque fait avéré. Sans aborder la discussion sur ce terrain, nous allons dire pourquoi, sur celui de la métaphysique pure, cette thèse nous paraît au moins hasardeuse.
Les Chevaliers étaient dépositaires d’une doctrine sociale et religieuse. C’est historiquement certain. Reste à savoir de laquelle.
Que le Temple possédât la tradition orthodoxe, voilà qui n’est guère soutenable. Cet Ordre fameux reste dogmatiquement entaché de manichéisme. Mignard notamment a rapproché des preuves accablantes à l’appui de cette opinion. Les figures emblématiques sculptées en relief sur le coffret de pierre d’Essarois, pièce à conviction 5 (entre mille) qu’il détaille avec une compétence et une sagacité parfaites, ne sont de nature à laisser aucun doute. Le caractère de mysticisme obscène qui est le propre de ces symboles dyarchistes semble même d’une précision assez typique, pour servir de trait d’union, dans l’espèce, entre les deux grands griefs stipulés contre les Templiers : la goëtie manichéenne et le vice impur.
Ne retenons que le manichéisme à la charge des Templiers. C’est plus qu’il n’en faut pour réfuter l’attribution qui leur est faite d’une doctrine traditionnelle de syncrèse tri-unitaire, mathétique, ou (comme l’appelle excellemment M. de Saint-Yves) d’une tradition synarchique.
L’antagonisme primordial, absolu, de deux principes incompatibles, telle est l’essence du dogme manichéen ; elle exclut le Ternaire synarchique et la Monade dont émane ce Ternaire.
Le manichéisme est la négation radicale du principe de retour à l’Unité. Allez édifier une synthèse sur une pareille base ! Projet chimérique : autant vouloir restaurer Babel…
Les Templiers, nous l’avons dit, ne passaient pas pour de simples hérétiques.
À part l’imputation de manichéisme — exclusive, selon nous, de l’attribution que leur fait généreusement M. de Saint-Yves de sa propre doctrine, — on incriminait encore les chevaliers de magie noire et de sodomie.
C’étaient crimes capitaux dans la jurisprudence du moyen âge. Si graves d’ailleurs qu’ils semblassent aux juges du XIVe siècle, ils ne furent qu’un trompe l’œil invoqué, une excuse au coup d’État de 1307. Il faut bien le dire. Quelle excellente occasion pour le roi de France et pour le pape, sa créature, d’abolir d’un coup la puissance de ces superbes défenseurs du trône et de l’autel, mille fois plus dangereux que les pires ennemis, et quel prétexte tout naturel de se partager leurs prodigieuses dépouilles !
De longue main déjà, le successeur de Pierre et l’héritier de Hugues Capet avaient préparé ce coup de maître 6 ; on n’attendait que l’heure propice pour agir de concert…
Cette heure enfin sonna. Plusieurs dénonciations formelles, celles entre autres de deux Templiers apostats, permettaient de sévir à l’improviste et d’envelopper tous les Chevaliers dans un même réseau. Le filet fut jeté dans la nuit du 12 au 13 novembre 1307, où tous les gouverneurs et officiers du roi reçurent, sous pli scellé, l’ordre fatal.
Dès le matin, les Templiers sont arrêtés par toute la France et leurs biens mis sous séquestre. — À Paris, cent quarante chevaliers sont dans les fers ; on procède contre eux avec une rigueur insolite. Jamais la question ne fut plus cruellement infligée. Le R. F. Imbert, inquisiteur de la foi, dirige les interrogatoires, assisté de commissaires nommés par le roi. A leur tête figure Guillaume de Nogaret, homme...
| Erscheint lt. Verlag | 4.11.2020 |
|---|---|
| Sprache | französisch |
| Themenwelt | Geisteswissenschaften ► Geschichte ► Allgemeines / Lexika |
| Schlagworte | chamanisme • Histoire de France • intrigue médiévale • mystères des Templiers • Mysticisme • ordre des Templiers • quête historique • secrets ésotériques • Templiers • Wicca, sorcellerie et paganisme |
| ISBN-10 | 2-322-17831-4 / 2322178314 |
| ISBN-13 | 978-2-322-17831-5 / 9782322178315 |
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